ven.
20
févr.
2009
Le jour du débarquement
Réveil un peu speed, une douche, petit déj’ vite fait, ranger les affaires… On arrive. Je ne suis même pas montée sur le pont pour assister à l’arrivée, on a déjà accosté. On retrouve Raymond et on débarque.
On nous parke sous un grand hangar en attendant le passage de la douane pour le véhicule. Ça va, en une heure on a fait les formalités, on a des dirhams, on a dit au-revoir à Nicole et Jacques, et c’est parti !
Ah, j’ai des messages sur le téléphone.. C’est Thomas ! Qui arrive à Marrakech et qui nous donne rendez-vous dans un café le lendemain midi.. Merde ! Nous on est à Tanger !! On s’est mal compris.. Aïe Aïe Aïe… Je n’ai pas reçu les messages sur le bateau, sans doute qu’il n’y avait pas de réseau. Que faire ?..
… On se stationne dans le port pour appeler Abdelha, un ami d’Hélène qui a fait ses études avec elle à la Cambre en Belgique, chez qui nous dormirons ce soir. Il arrive et nous amène dans un café, il a du travail, il nous rejoindra vers midi. J’en profite pour aller acheter une carte SIM, « Jawal » pour avoir un numéro de téléphone marocain ; Merci Pierre !
Et pour aller sur internet, essayer de contacter Thomas.. Quelle galère ! Je me renseigne pour savoir si c’est possible d’aller à Marrakech.. 6 heures de route.. En train pareil… On débarque à peine, Abdelha nous accueille.. Difficile tout ça ! Et, quoiqu’il arrive, lundi matin nous devrons être à Rabat pour faire notre demande de visa pour la Mauritanie, et le récupérer mardi après-midi.. Galère, galère ; c’est la poisse ! J’ai les boules ! On a prévu d’arriver à Marrakech le 25…
Abdelha nous rejoint et nous conduit chez lui, dans un appartement qu’il vient d’acheter au cœur de Tanger. Tous est neuf, c’est un immeuble de standing avec marbre, dalles de pierres naturelles, stuc, carrelages.. Il fait frais, il doit faire bon l’été ici. Ça me rappelle l’ « effusivité » des matériaux. C’est la propriété des matières à transmettre ou non la chaleur, ce qui participe au confort. En effet, dans deux pièces à températures égales, l’une étant tapissée de bois et l’autre de carrelage, on aura le sentiment qu’il fait plus chaud dans la pièce recouverte de bois. Au toucher, le bois semble chaud, et le carrelage froid. C’est très important comme donnée en architecture, elle participe grandement au confort. C’est pour cela que dans les pays chaud beaucoup de pièces sont recouvertes de carrelages, de marbre, etc.. Mais nous sommes au mois de février, et cette année, au Maroc, c’est une année exceptionnellement froide ; il a énormément plu, il y a d’ailleurs eu beaucoup d’inondations… Je repense à Corinne, une amie qui était au Maroc en janvier et qui est rentrée plus tôt que prévu car il faisait trop froid.. Et il n’y a pas de chauffage.
On visite l’appartement, je souris en entrant dans les toilettes, la porte de 90 frôle les sanitaires.. il faut se caler contre un mur pour en sortir..
En tout cas, ça fait du bien de se poser ! Abdelha nous quitte pour retourner travailler, on le retrouvera en fin d’après-midi. On mange un morceau, on fait une lessive, puis… Sieste ! On s’adapte après tout !
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Abdelha revient, alors que nous n’avons pas quitté l’appartement.. Notre premier jour au Maroc.. Il va nous emmener faire le tour de Tanger. On monte sur les hauteurs à l’Est de la ville pour la voir au loin. Dommage, il y a un peu de brume, mais c’est magnifique quand même. Puis on va sur la côte atlantique pour voir le coucher du soleil.. Vite, vite.. pour voir le coucher du soleil. En chemin, Abdelha nous montre les nouveaux projets de constructions en périphérie de Tanger. Incroyable, impressionnant. Ça construit partout. D’énormes constructions surgissent de terre au milieu de rien, des constructions de logements qui montent à 7 niveaux. Le principe constructif est généralement le même : une structure poteaux-poutres, puis des murs en briques de terre cuite pour faire les parois. Ces constructions sont comme des forteresses en périphérie de Tanger, j’imagine que la ville va progressivement prendre place entre la ville existante et ces nouveaux « quartiers ». Cette année, Tanger a construit 30.000 logements. On dirait qu’ici il n’y a pas de crise.. ça construit de partout. C’est une volonté du roi Mohamed VI : il veut que le Maroc construise 300.000 logements par an ; il manque cruellement de toits ici.
Avec tout ça on a raté, le couché du soleil... Mais c’est magnifique quand même. On se retrouve devant l’Atlantique.. L’océan puissant vient se jeter contre les rochers. Des terrasses ont pris place entre ces gros rochers, on peut boire, manger.. et danser. Ça fait du bien d’être là.
On repart, il fait frais et Abdelha nous invite à manger en ville, près de la Médina. Au menu ça sera « de tout » ! On goûte à : brochettes de viande, poisson, soupe, pain.. Trop bon ! Merci Abdelha !
C’est l’occasion de faire un peu plus connaissance. Abdelha est originaire de Tanger. Son papa travaillait à bord d’un bateau qui reliait Tanger à Algesiras et il allait souvent de l’autre côté de la méditerranée avec sa maman pour faire des courses en Espagne, la traversée dure 40 min… Je crois qu’il y a 14 km au niveau de Gibraltar. 14 km à franchir, le rêve de beaucoup d’Africains : de l’autre côté l’Europe, l’Eldorado ; 14 kilomètres, c’est pas grand-chose ! Je pense à la chanson d’Abd Al Malek, « sur le détroit de Gibraltar »… Combien de rêves et de vies brisés ici ??
Bref, revenons à Abdelha. Après son baccalauréat, Abdelha part en Belgique, à la Cambre pour faire ses études d’architecte. Ici, au Maroc, il y a une école d’architecture à Rabat, mais elle est quasi-inaccessible : 50.000 demandes d’entrées, pour ne retenir que 500 dossiers.. C’est à Bruxelles, à l’occasion de son année en ERASMUS qu’Hélène fait la connaissance d’Abdelha. D’ailleurs elle fera connaissance avec beaucoup de marocains là-bas, nous aurons l’occasion de rencontrer d’autres amis au cours du voyage. Bref, Abdelha passe son diplôme d’architecte là-bas et revient au pays. Difficile retour après plusieurs années en Belgique. Dur, dur, d’accepter sa propre culture qu’on voit soudain sous un autre angle… Il y a des histoires qui se ressemblent… Aujourd’hui, il est installé à son compte, avec son frère sur Tanger.
Ouf, on a bien mangé ! Promenade digestive oblige, on fait un tour dans la médina. La médina c’est un peu l’équivalent de la « vieille-ville » en France. Il y a beaucoup de commerces, il y a souvent un mur d’enceinte… des oranges, je craque ! Les oranges au Maroc, c’est vraiment un truc particulier, euh.. je dirais du soleil à manger.. C’est joli, non ?
On déambule dans les rues de la médina pour déboucher sur le port.. Puis on rentre à la maison, c’était une belle journée.. mais je n’arrête pas de penser à Thomas, c’est vraiment trop con cette histoire !
Allez, ça ira mieux demain, bonne nuit !
