sam.
21
févr.
2009
Tanger
.. C’est le week-end !
En fait, ici, c’est plutôt le vendredi le jour de repos, le jour de la grande prière. Beaucoup d’échoppes sont fermées le vendredi après-midi. Alors que les samedis et les dimanches, tout est ouvert,
enfin presque (les commerces mais pas les administrations).
Pour le petit déjeuner, Abdelha nous propose d’aller en ville, près de son agence là où il a l’habitude de venir le week-end. Super ! Au menu : thé marocain, olives
(Zitounes), khalii (2 œufs sur le plat avec de la viande séchée conservée dans l’huile), harcha (galette épaisse fourrée), riffa
(crêpe), rghaif (~ plusieurs riffa), baghir an amiou (galette épaisse avec du miel et des noix), kaoubz (pain) et bien sûr du jus d’orange..
J’en profite pour demander quelques mots en arabe :
Bonjour = Salam alikoum
.. réponse.. = Alikoum salam
Au revoir = Maha salam
Merci = Choukran
Oui = ~neham, ~naham
Non = la
Diesel = diesel, mazout
Eau = lma
A droite = yamin
A gauche = chimel
Tout droit = Goud
Toilettes = toilettes..
.. C’est bon, je crois que j’ai l’essentiel !
Je demande le salaire moyen ici, ~ 3 000DH (1€ = ~ 10.50 DH)
Et le smic est à 1800DH..
On monte voir son agence, juste à côté du café. Il nous présente les projets en cours, nous fait visiter les locaux… Et me présente un grand livre dans lequel sont répertoriés tous les grands prix
d’architecture de l’Aga Khan.. Il y a de magnifiques projets en terre en Afrique, j’en connais quelques uns mais pas tous ; je prends quelques références supplémentaires, sait-on jamais.
… Et puis Abdelha a un rendez-vous ; nous aussi on doit décoller, cette après-midi on est attendus à Rabat.
Maha salam Abdelha, et Choukran pour tout ! à bientôt ! (mince, j’ai oublié de demander comment on dit ça..)
On retrouve Raymond, on charge les affaires et c’est reparti. Je prends le volant. On doit prendre « le rond point mortel » pour récupérer la route de Casablanca.. C’est un rond
point tout petit autour duquel il y a au moins cinq rangées de véhicules en tout genre qui tournent, sans règle de circulation.. Si ce n’est le sens quand même.. Quoique..
On passe l’épreuve avec quelques klaxons, c’est reparti vers le Sud. A la sortie de Tanger je m’arrête pour vérifier la pression des pneus, on ne l’a pas fait depuis le départ.. Moment de crise au sein du groupe..
Ouhlala, c’est tendu ! Je craque : il faut absolument trouver la notice du constructeur pour savoir quelle pression mettre dans les pneus… Moi j’étais bêtement restée à 3 bars.. Bref, il faut trouver la revue technique. Je sors les affaires du camion pour retrouver le fameux document qui va éclairer nos lanternes.. Bref, passons.. On repartira avec 3 bars à l’avant et 3,5 bars à l’arrière.. Et surtout une grande tension !
On prend l’autoroute. La route est belle, on longe l’atlantique, on traverse des oueds (rivières), et de beaux paysages bien vert ! Pause dans une station autoroute, petit
casse-croute vite fait. J’appelle Denis Coquard pour lui dire qu’on arrive bientôt sur Marrakech, Thomas est avec lui, ils vont voir des chantiers.. ouf, tant mieux
Dans la voiture stationnée à côté de nous, il y a Aziz, on engage la conversation. Il me demande ce que c’est « quand la terre monte » (ça c’est l’effet autocollants sur le camion),
je lui explique le projet. Il est très intéressé, il m’explique qu’il est directeur financier dans une agence, et qu’il monte des plans de financement pour des grosses opérations immobilières, et
qu’il vient de monter une grande opération avec un nouveau procédé de construction (panneaux-sandwich béton-polystyrène).. Je saute sur l’occasion pour lui présenter des projets en terre crue.. Il me
demande combien ça coûte.. difficile à dire pour moi.. En tout cas, il est très intéressé, il n’avait jamais entendu parler de constructions contemporaines en terre crue. Pour lui la terre restait
une technique du passé ou dans les campagnes. Les projets de Rik Joy l’interpellent, je suis contente. Peut-être qu’un jour il repensera à ces projets.. On s’échange nos coordonnées avant de repartir
(c’est bien pratique les cartes de visite, merci Fred !)
Je fais la sieste à l’arrière du camion. Je me réveille en ville, à Rabat, j’entends Hélène qui demande la direction de la gare à des passants.. J’entends « Gare, train, tchouchou… »
et je devine qu’elle fait des grands gestes.. J’adore ! ça me rappelle des souvenirs. Mais je reste à faire semblant de dormir, c’est tellement agréable. Et puis, cet après-midi, il y a trop de
tension pour que je ramène mon grain de sable. On arrive à la gare, Binta est là, super !
On ne tarde pas, on repart directement pour Mohamedia, là où elle habite, c’est une petite ville au Nord de Casablanca. On fait connaissance, en « vrai », on avait jusqu’alors
simplement échanger des mails sur internet. J’ai fait la connaissance de Binta par l’intermédiaire de sa sœur, Habiba, qui vit à Nancy.
Binta est Nigérienne, elle est au Maroc pour ses études, elle a 23 ans. A son arrivée chez elle, il fait nuit. Je suis trop contente, ici je ressens l’ambiance africaine que je connais. Elle vit en collocation avec une amie, Rokia, qui est nigérienne aussi. Mais elle n’est pas là actuellement, c’est les vacances, elle est en voyage. On décharge le camion, tout le camion.. On va rester ici quelques jours, le temps de faire les visas. La camion est garé un peu plus loin, près du gardien.. Binta nous prépare le repas, du poulet à l’africaine !
Un petit tour sur internet.. Ici, on capte internet par l’intermédiaire de clef USB, équivalente aux clefs 3G je pense. Avec un abonnement mensuel de 200DH par mois.
Je bosse un peu avant d’aller me coucher, c’est toujours bien tendu entre nous.. Grosse journée, gros dodo, telle est ma devise.
