lun.
10
août
2009
10 août 2009: c'est reparti !
Ça y est, le grand départ est arrivé! Au programme de ce premier jour: chercher les visas pour la Mauritanie à Rabat. Eh oui, 5 mois après, mon visa n'est plus valable ! Avec
Rachid, on a tout programmé: on prend le train à 5h00 du matin on arrive à Rabat à 9h00, on dépose les visas (avant 10h00..), puis on va à Casa (à 1h00 de Rabat) pour faire quelques achats, notamment
pour la peinture, on passera la soirée chez des amis et le lendemain retour sur Rabat pour récupérer les visas, retourner à Marrakech chercher le camion et prendre la route vers le sud..
Ça, c'est le programme initial.. En vrai: réveil à la bourre; malgré 6 mois de préparation, il manque plein de trucs pour boucler les bagages.. On perd du temps.. Sur Marrakech, il
faut déposer le clefs de la maison à Driss, le frère de Rachid, déposer les couvertures pour le mariage d'Amina à Zagora... Trop tard, le train est parti !! Les bus sont trop aléatoires pour compter
arriver à l'heure à Rabat.. C'est décidé, on part en camion. Rachid ne conduit pas... J'ai 4h30 de route pour commencer, un petit entrainement.. Un peu tendu ce départ.. Mais finalement je suis
contente, c'est vraiment le départ du coup, la maison sur le dos.. Arrivés à Rabat à 10h00.. Ouf, ils reçoivent les demandes de visas jusqu'à 11h00! Ça y est, fatigués mais contents, on peut aller se
poser un peu.. La nuit dernière fut courte: apéro tardif avec Carole et Khalid, les voisins, derniers préparatifs...
On est jamais assez prêt ! « Le mieux est l'ennemi du bien » paraît-il...
Enfin bref, les demandes de visas sont faites.. Qu'est-ce qu'on fait?? Direction la mer pour se poser un peu! Plonger, nager, manger, dormir, dessiner.. Tout simplement.. L'après-midi passe vite avec tout ça, il faut qu'on trouve où dormir.. On reprend la route en quête d'un petit coin tranquille; difficile le long des côtes ici: c'est un peu l'équivalent de notre côte d'azur. On passe dans un bled à côté de Mohamedia, Bouznika, villas de luxe donnant sur la mer, magnifique... Pourquoi on ne pourrait pas « emprunter » 4 m² pour y passer la nuit ?? On nous prévient qu'il y a la police.. Bon, tant pis. Il y a un club dans la ville, on y fait un saut, il y plusieurs jeux d'extérieur (tennis, basquet, pétanque...) et surtout, plein de monde, de tout âge. L'endroit est sympa. On tente l'échange projection d'un film en plein air pour tout le monde en échange de quelques mètres carrés de pelouse pour la nuit. Bon, a priori, il faut demander l'autorisation à plusieurs personnes, c'est compliqué.. Pas grave, on trouvera un petit coin un peu plus loin; une prochaine fois inch'allah!
On reprend la route. Le soleil descend, maintenant il faut se poser! Un énorme panneau annonce un camping le long de la route, on va voir combien ils demandent.. Pour y aller, il faut emprunter une piste sur 2 kilomètres en direction de la mer.. À droite, un grand quartier de logements, sans doute réservé aux militaires; à gauche, peut-être à 1 kilomètre de là, la même chose; entre les deux, un champs. Soudain un quartier fait de bric et de broque, plein d'enfants qui courent après le camion, avec de grands yeux et plein de sourires... Etrange morceau de ville au milieu d'un champs entre deux quartiers aisés.. Au bout de la piste, les touristes, le camping et la mer. Je suis mal à l'aise dans ce camping en pensant aux sourires des enfants.. Ça y est, on fait demi-tour, on retourne « au quartier du milieu » et on propose l'idée d'un cinéma plein air ce soir.. Super, tout le monde est enthousiaste! Sauf qu'il faut demander l'autorisation au représentant de la commune.. On reste à prendre le thé le temps que quelqu'un aille demander à la ville. Les minutes et les heures passent. Ça doit négocier sec là-bas! Moi, je voulais tout installer pour que tout soit prêt quand on aurait le feu vert; on m'a dit « non, attends »...
Une voiture est arrivée, avec un policier à son bord;
Interrogatoire. « Qui êtes-vous? Que faites-vous? Passeports... » J'y comprends rien! Est-ce qu'on pose autant de questions à quelqu'un qui donne un bonbon à un enfant
en passant par là ? J'avais juste envie d'offrir une histoire ! Est-ce qu'il y a autant de discutions autour des programmes télévisés qui, tous les jours déversent leur lot de violence devant des
milliards d'enfants ??... En tout cas, nous n'avons pas eu le droit de projeter un film pour les enfants. Pourtant, « Kirikou » leur aurait sans doute changé un peu les idées le temps d'une
soirée..
Rachid s'y attendait un peu; moi, je suis tombée des nues, j'étais tellement déçue.. Ça a été dur de fermer la porte du camion et de redémarrer devant tous ces enfants..
La nuit était déjà bien entamée. On a décidé d'aller jusqu'à Casablanca. "Le petit coin de nature" c'ets pas pour ce soir.
Casablanca, on retrouve un ami de Rachid, Kalamour. Il est artiste-peintre également; ils étaient ensemble à l'école des beaux arts. Super! Ça fait du bien d'être là après cette looooonguue journée. Un appartement d'artiste, ici aussi. J'adore! On dit souvent « montre-moi ta maison, je te dirai qui tu es ». Ici, je ne ressens pas le besoin de poser des questions à Kalamour pour découvrir un peu qui il est: les toiles parlent d'elles-mêmes, elles en disent sans doute beaucoup plus que les mots d'ailleurs. Je découvre le monde de la peinture grâce à Rachid. Les formes, les couleurs, les matières.. J'aime les tableaux, j'aime les regarder et sentir les histoires qui s'y cachent.. Les tableaux de Kalamour me font beaucoup penser à Enki Bilal; à la maison, je fais la connaissance d'Abir et de Hassan. Abir s'est lancée dans la confection de sarroual, sorte de « pantalon-jupe », et de bijoux.
J'adore, elle fait un travail magnifique et original. J'ai trop envie de m'offrir un sarroual.. Bon, dépenser l'argent avant même de partir, c'est pas très raisonnable; ce soir, ma tête aura raison de mon cœur!
Allez, une bonne nuit s'impose !
