jeu.
20
août
2009
Deuxième frontière, Rosso...
Le village de Gide est joli, sur le sol du sable d'une couleur orange soutenue. C'est tout propre comparé à d'autres villages où les ordures trainent partout. Le sable doit y être
pour beaucoup!
On salue la famille de Gide. Je rencontre sa maman (...si j'ai bien compris) qui, un matin, s'est retrouvée paralysée de la moitié du corps.. Au réveil, comme ça.. Elle me demande de la soigner. Ah,
si je pouvais!
Gide doit partir vite, il nous demande les passeports pour faire les formalités à notre place.. On lui cède. On remballe les affaires, on salue la famille et on repart, il est 8h00 du matin. Je
prends le volant pour passer la frontière, autant éviter les histoires... Rosso... A un carrefour, quelqu‘un nous demande de l‘emmener pour qu‘il puisse aller s‘acheter un pneu en ville, il est en
panne. A peine monté, je comprends que Samuel l‘a rencontré hier et qu‘il nous propose (lui aussi!) de nous aider à franchir la frontière... C'est le fleuve Sénégal qui délimite la frontière
entre la Mauritanie et le Sénégal. Il faut prendre le bac pour traverser. A l'entrée du quai, un policier nous interpelle « Delphine? » je dis oui, il me montre qu'il a nos
passeports et qu'il va faire le nécessaire pour nous.. Il demande à quelqu'un de nous laisser accéder aux quais.. On se stationne. On retrouve Gide qui nous confirme que le policier est son petit
frère et qu'il va s'occuper de nous... On se retrouve avec deux ‘aides', ça se corse un peu, l'ambiance est tendue. On ne comprends pas tout, tout ce qu'on voit c'est qu'on nous
demande de payer partout: la douane, la police, la commune, l'assurance, tout le monde veut être arrosé! Il y a une dizaine de personne autour de nous... Chacun essaye de nous convaincre de
l'écouter, c'est l'enfer. On comprends bien que tout ça c'est un business, et que c'est une affaire juteuse que d'aider des touristes à passer. Au final, on paiera 7500UYA pour le
passage du véhicule sur le bac, et 1000UYA pour viser les passeports (sortie du territoire..). Tout ça en trois heures de temps.
Même scénario de l'autre côté, mais avec des CFA.. A la sortie du bac on remet nos passeports à la police. Ensuite, après enregistrement, on les récupère au bureau de police, sur le quai. Surprise, en arrivant Samuel vois quelqu'un qu'on ne connait ni d'Eve ni d'Adam qui a mon passeport, la carte grise du véhicule et mon permis de conduire dans les mains!! Heureusement, Samuel est là, il prend les papiers de force et les dépose sur le bureau de la police pour s'expliquer. L'ambiance est bien tendue, je demande à rentrer dans le bureau pour ne pas être bousculée. Ouf! Je me sens mieux ici! Je suis juste avec les deux policiers, les autres sont dehors, à se bousculer à la fenêtre. Ils finiront par traiter notre affaire en dernier. En fait, le policier s'était trompé de personne lorsqu'il a remis les papiers. Pour enregistrer le véhicule sur le territoire, l'opération coûte 3000CFA normalement. Le policier nous l'offre (je crois qu'en fait l'autre a payé pour nous) bref, c'est le bordel côté Sénégal aussi! On y passera 3h00 également! Il faut compter la journée pour passer la frontière en fait! Ouf, on sort enfin ! St Louis est à une centaine de kilomètres d'ici, on va y retrouver Ibou!
Côté route, c'est vraiment pas terrible. D'énormes trous ponctuent la route.. On assiste à un accident juste devant nous, sortie de route.. Heureusement, c'est juste de la tôle
froissée! À peine sortis de la ville, on craque: en repère un petit coin tranquille pour un bon tagine bien mérité! Il est 15h30, on se pose à l‘ombre d‘un arbre pendant que le tagine mijote,
enfin tranquilles!
Quelques enfants viennent nous saluer, ils habitent juste à côté. Ils parlent Wolof... Mais pas nous. Ce sont sans doute des 'toucouleurs', des peuls venus
s'installer dans le nord du Sénégal, des éleveurs.
Cette pause nous permet de tout sortir du camion, et de tout ranger ensemble. Histoire qu'on sache tous où sont rangées les choses.
On repart vers St Louis, vers la mer !
En chemin, on se fait arrêter par la douane. "Rien à déclarer?", "non, on a juste des effets personnels...", "savez-vous que le sucre, l'huile d'olive, les tomates et les produits samsung sont interdits à bord du véhicule?... même un seul morceau de sucre!"... Ben merde, moi qui croyait que c'était surtout les armes et la drogue qu'il ne fallait pas transporter!!...
On sent bien que le douanier cherche à 'manger'. Après une demi-heure de disctution, il nous laissera repartir avec son numéro de téléphone, des recommandations pour un hébergement, et une invitation pour se retrouver boire un verre..! Sympa les douaniers!
L'arrivée à St Louis nous fait du bien: loin de l'ambiance de Nouakchott, ici, on sent la vie africaine et colorée qui bat son plein. On s'arrête dans une station essence total pour prévenir Ibou de notre arrivée. Il vient nous chercher et nous mène directement à l'aérobase, langue de terre située entre le fleuve Sénégal et l'océan. On se pose au comptoir d'un bar.. Ouf, ça fait du bien!
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Ibou.. Depuis le temps que je communique avec lui sur internet ou par téléphone! Enfin là, en chair et en os!.. 6 mois plus tard.. Bon, mieux vaut tard que jamais!
La bière locale, la Gazelle, aura vite raison de moi. Après un poisson braisé sur la plage, je vais m'endormir, assomée par la bière, la fatigue et surtout le bonheur d'être arrivée jusqu'ici. Il y a encore 15 jours, je n'osais pas y penser.. La vie nous réserve souvent de très belles surprises! peut-être même qu'il y en a tout le temps des kdos, et que c'est nous qui ne sommes pas capable de les voir!
