lun.
31
août
2009
Aminata Traoré
Lundi matin tout reposé et tout propre. J'appelle Aminata Traoré pour savoir si on peut se rencontrer. Elle peut nous recevoir en début d'après-midi.. Quelle chance !
En
attendant, on échange avec nos voisins de chambre, super!
Il y a quelqu'un qui a fait la route depuis la Suisse pour vendre un véhicule ici. Il repart dans quelques jours et nous raconte ses différents voyages en Afrique et ses
combines.
Il y a Olivier et Lili, qui arrivent tout droit de Gossi, dans le nord, ils ont fait le trajet.. en deux-chevaux.. Super, ils nous racontent leur périple, le capot, les portes, les
vitres, le coffre qui s'ouvrent alternativement à chaque bosse.. Ça me donne envie en tout cas!
Il y a également un couple néo-zélandais qui traverse plusieurs pays d'Afrique (Gambie, Sénégal, Mali..). Qui nous racontent leur périple, leur péripéties (crise de palu..), et
leurs projets pour la suite. Nous, on leur apprend le jeu du formé..
Il y a sœur Anne-Marie, une femme incroyable, pleine d'énergie, médecin, qui se bat depuis bien longtemps maintenant (elle a les cheveux gris) pour améliorer la santé de centaines de
personnes. Elle s'occupe de la mission de Gossi.
Il y a un homme dont le nom m'échappe qui a fait beaucoup de projets qui contribuent au développement du Mali. Il m'explique comment on fait les briques en banco, les enduits...
Il y a deux jeunes Italiens, l'un médecin et l'autre infirmier qui sont venus pour soigner des enfants dans un orphelinat.
Il y a sœur Solange, très gentille qui nous accueille ici-même.
On salue tout ce petit monde pour honorer notre rendez-vous, non sans s'arrêter pour déguster le plat traditionnel du Mali: riz au gras, sauce oignons et poisson, à 500CFA l'assiette, c'est trop bon!
On arrive au quartier Missara de Bamako, un quartier très propre, pavé.. On apprendra plus tard que c'est grâce à Aminata Traoré. Cette femme incroyable a été
ministre de la Culture et du Tourisme du Mali, voici un article sur elle pour ceux qui veulent en savoir plus:
http://www.traversees.org/article.php3?id_article=157
Moi j'ai envie de vous parler de ma propre rencontre avec elle. J'étais impressionnée par cette femme que je rencontrais pour ainsi dire « par hasard », et dont je ne
connaissais quasiment rien, une femme forte et déterminée.
Aminata Traoré se bat pour revendiquer une modernité africaine, elle est très engagée dans les combats altermondialistes. Dans ces projets, elle travaille avec des matériaux
alternatifs, la terre crue notamment. « rééduquer le regard des populations, transformer autrement ». Ce que j'aime dans la manière de voir les choses
d'Aminata Traoré c'est qu'elle considère un projet dans son ensemble, comme un tout. Je veux dire par là qu'elle a conscience et qu'elle réfléchi son projet d'une multitude de point
de vue: fonctionnellement bien entendu, mais également d'un point de vue environnemental, social, urbanistique, culturel, constructif... Ce projet s'adresse à des réfugiés, des déracinés qui ont bien
souvent perdu un ou plusieurs membres de leur famille, qui ont du mal à retrouver un sens à leur vie. Hors, ce projet de « case de retour à la solidarité » est construit par les réfugiés
eux-mêmes, « construire, c'est également se reconstruire ». Construire son propre espace de travail est très valorisant, il redonne confiance en soi, des gens qui se
sentaient inutiles et perdus retrouvent un sens à vivre; le chantier en lui-même créer la vie, des liens se tissent, on reconnaît le travail, il y a une certaine fierté à accomplir quelque chose, la
construction est conçue comme bio-climatique, elle incite les gens à s'interroger sur notre impact sur l'environnement. Ce projet situé au carrefour Coulibaly, « la case de retour à la
solidarité » est un formidable outil à la reconstruction de soi-même, il est une école en même temps, certains vont profiter de cette expérience pour en faire leur métier.. Je trouve ce projet
formidable, bien au-delà de l'usage du matériau terre!!
Aminata nous propose de visiter d'autres projets qu'elle a déjà réalisé elle-même dans le quartier. On a la chance de découvrir l'hôtel Djenné, le restaurant San Toro et le marché du quartier. Formidable. Là le cheval de bataille d'Aminata Traoré « revendiquer une modernité africaine » prend tout son sens. Nul besoin d'arguments ou de longs discours pour convaincre, les résultats sont là. Ces constructions sont tellement belles, elles jouent avec la lumière, les matériaux sont tous locaux, très simple, bien mis en œuvre.. Des sculptures ornent tous ces espaces, elles l'habitent. Il y a de nombreux personnages façonnés en bois, paille, métal, terre... Je remarque d'ailleurs que devant chaque construction il y a une grande sculpture, comme un gardien. J'aime les matériaux brut, une « tranche de bois » qui devient table ou chaise... Toutes les couleurs sont naturelles, beaucoup de tons ocres, rouge, blanc et noir. Je vous laisse savourer tout ça en image.
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Merci Aminata Traoré pour notre rencontre et la visite! J'espère que nos chemins se recroiseront un jour!
Ce soir on quitte Bamako. On va passer la nuit dans une ferme un peu après la sortie de la ville, on est repartis!
Commentaires: 1
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#1
j'aimerai tant avoir le contact de cette grande figure Africaine pour lui combien elle a releve la tete encore plus des Africains , combien je suis fiere d'elle , combien j'ai appri rien qu'en l'ecoutant
