mar.

01

sept.

2009

Ségou

Ce matin on reprend la route vers Ségou. C'est sœur Anne-Marie qui m'a parlé des constructions en terre crue remarquables de Ségou, c'est parti! Côté santé, je suis fatiguée, et je serais bien restée au lit.. J'ai « la crève » comme je dirais en France. D'ailleurs, je profite que Samuel adore conduire pour piquer un somme à l'arrière du camion. Pause sur la route: un village de sculptures... Incroyable! Des centaines de masques, de personnages, d'objets divers de part et d'autre de la route.. Je n'avais pas encore vu ça auparavant! C'est beau!! Rachid m'explique que certaines sculptures sont en train de vieillir prématurément: on les enduit de terre, on brûle, on tape.. Pour que les objets paraissent très vieux.. Une ruse de sioux bien connue au Maroc également, eh oui, les antiquités se vendent mieux que le neuf, alors des antiquités neuves, la belle aubaine! On s'attarde un peu devant toutes ces sculptures, ils font vraiment preuve d'imagination, j'adore.. Surtout le « masque-lapin ». Ah, si j'avais un semi-remorque et beaucoup d'argent...

 

Il fait bon rêver.. On laisse ces sculptures dans leur village et on repart.

On arrive à Ségou, une grande ville, très propre (pas trop difficile, après Bamako..), qui me fait beaucoup penser à Maroua. À gauche de la route, une grande bâtisse en banco rouge, on s'arrête. Je vais voir le projet, mais je ne suis pas très enthousiaste, fatiguée.. À l'intérieur, je découvre une coopérative de femmes qui fabriquent des bobolans, des grands pagnes africains qu'elles tissent, teignent et décorent elles-même, et elles en font des vêtements.

Pendant que les garçons m'attendent sagement dans le véhicule, j'en profite pour essayer les pagnes, les vêtements.. Je parle avec les femmes de leurs travaux, ça fait du bien de me retrouver dans un univers de femmes; c'est pas si courant au cours du voyage!! Au bout d'une heure, Rachid se demande ce que je fabrique et vient à ma rencontre. Il profite de l'occasion pour décorer un bobolan.. C'est un peu de la peinture après tout. Les femmes finissent tout de même par m'expliquer que la construction a trois années, qu'elle est faite uniquement de terre crue. Le chantier a eu lieu en même temps que la réfection d'un quartier entier de Ségou-centre, Somono, situé au bord du fleuve, en banco rouge également. Je découvre que Craterre a participé à ce projet.. Décidément, le monde de la terre est petit !
On repart, direction le centre ville pour découvrir le quartier en question.

C'est un quartier très pauvre qui a bénéficié d'un projet de rénovation et même de restructuration de l'ensemble des façades. Tous les habitants intéressés pouvaient bénéficier, gratuitement de la rénovation en banco rouge de leur maison. Ce projet a été mené très intelligemment, et a donné une uniformité aux rues adjacentes, qui sont devenues très belles. Ce projet a embelli la ville, a restructuré le quartier, a remis à jour et amélioré des techniques de constructions anciennes, mélange de terre et de beurre de karité, et créé de nouveaux emplois... Une belle réussite! Ce quartier est devenu une référence à Ségou, il a une identité très forte, je vous laisse le découvrir en image.

En quittant le quartier, je remarque une pancarte indiquant « le village du millénaire, earth project »... Peut-être une belle surprise en perspective? On se retrouve au siège d'une ONG qui lutte contre la pauvreté, mais qui ne construit pas du tout en terre. Dommage! Par contre, ils nous informent des constructions de l'association « voûtes nubiennes » à Ségou même.. Ah, tien! Je pensais les rencontrer au Burkina Faso, siège de l'association, mais s'il y a un projet ici il faut voir ça!

Il s'agit d'un dispensaire, dans le quartier de Pélengana. Pas facile à trouver!! Et on manque de s'embourber plusieurs fois dans ces rues gorgées d'eau.. On y arrive tout de même, mais déception: le projet est terminé depuis janvier mais toujours pas ouvert.. Il n'y a personne, nous ne verrons donc que l'extérieur.. Donc pas de voûtes... visibles en tout cas. Mais un projet récent entièrement en terre crue tout de même!

 

Il se fait tard, on reprend la route en direction de Djenné. A la sortie de la ville, on fait le plein d'eau potable au forage d'un petit village.. Et puis finalement, on va y passer la nuit: un éleveur de poulets nous propose de nous installer sur son terrain. De mon côté, les cordes vocales me lâchent, je suis aphone.. et contente de dormir..

 

Demain, direction Djenné, une ville mythique toute en terre !

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