sam.
05
sept.
2009
Découverte du pays Dogon
Ça y est, je sais que c'est celle-là, la pire nuit de notre aventure !! Hier soir on a finalement décidé de rester dormir sur le parking de la station total du
coin. Avantage : on ne risquait pas de mauvaise rencontre, désavantage : je n'ai pas dormi... En fait, c'est le seul lieu où il y a de la lumière en ville la nuit, et c'est là que
viennent les élèves de l'école coranique pour déclamer des versets du Coran gravés sur des plaques de bois... et j'ai l'impression qu'ils ne comprennent rien à se qu'ils racontent... Ensuite,
sans doute pour nous faire plaisir, le pompiste nous a passé de la musique à fond dans les baffles de la station (merci, on n'en demandait pas autant !).. et surtout, surtout, c'est le moment que
mon corps a choisi pour m'offrir une tourista... La tente était au dessus du camion... descendre du camion en pleine nuit (très très rapidement) pour se retrouver au fond de toilettes nauséabonds
blindés de moustiques... Beurk ! La nuit la plus longue du voyage ! Le genre de moment typique où on se demande « mais qu'est-ce je fous là ?? »...
A peine
le soleil levé, on est partis... Fuir ce lieu, vite ! Aujourd'hui, on prend la route vers l'Est, direction le pays dogon, Bandiagara... Après un bon coca glacé en guise de petit
déjeuner (ben oui, le coca c'est quand même super pour remettre les intestins en place en voyage !) et quelques kilomètres, on tombe sur un site magnifique !!
En pleine nature, une cascade, une rivière... splendide... Pince-moi pour être sûr que je ne rêve pas ! On s'arrête, on ne résiste pas à la tentation de piquer une tête ! C'est trop beau,
et ça fait trop de bien ! C'est étonnant comme à quelques heures d'intervalle on peut vivre les pires et les meilleurs moments d'un voyage ! Merci ! Ouf, ça y est, je sais ce que je fais là, et
je ne regrette rien !
Après un bon bain qui me fait vite oublier cette nuit dévastatrice, on repart vers Bandiagara. On est attendus à l'entrée de la ville:
plusieurs guides nous proposent leurs services... ça n'est pas la saison touristique, on est sans doute les seuls de la journée. C'est difficile de décliner leurs propositions mais on s'en
sort... On commence par aller voir le palais d'Aguibou Tall dont nous a parlé Saphiatou hier. Une grande bâtisse en terre.
Puis direction internet, pour donner quelques nouvelles à l'autre continent. Pendant ce temps, Rachid et Samuel se chargent d'aller acheter du riz, du sucre, du thé et des noix de colas. C'est Nicole et Jacques qui, (il y a six mois... si, si, souvenez-vous, sur le bateau du Biladi !) m'avaient demandé de passer saluer « la maman de Dendie à Djiguibombo » et « Amadou de Ende » en pays dogon et de leur apporter quelques victuailles.
Avant de quitter Bandiagara, on décide d'aller voir le CRMT, «Centre Régional des Médecines Traditionnelles», construction de pierre remarquable
conseillée par sœur Anne-Marie. On ne regrette pas le détour !
C'est magnifique ! L'entrée est constituée de trois éléments : de part et d'autre, deux sortes d'œufs
tronqués, avec un banc qui court tout au long du mur circulaire, une sorte de salle d'attente. On est à l'abri du soleil, on se sent protégé au creux de cette courbe, et on ne résiste pas à
l'envie d'une petite sieste. Au centre, la porte d'entrée, porte de bois traditionnelle sculptée, magnifique. Elle semble raconter beaucoup d'histoires.
Malheureusement, cette entrée est condamnée. On accède à l'intérieur par une autre entrée, genre celle pour les véhicules. On arrive directement devant la maison du gardien. Lui n'est pas là,
mais sa famille est là, c'est le fils aîné qui nous propose de nous guider dans la concession. Il nous informe que le Centre ne reçoit plus de patients actuellement. Le Centre de recherche a
ouvert en 1986, grâce à une coopération Italie-Mali. Des marabouts de toutes l'Afrique viennent ici pour partager leurs savoirs en médecine traditionnelle, il y a un jardin botanique dans
lequel sont cultivés des plantes médicinales, un laboratoire, etc... Pour en savoir plus : http://medtrad.oriss.org/fr/about_us/crmt-fr.html
Une belle initiative, un beau programme, et... une belle réalisation ! En effet, plus de 20 ans après, les constructions sont toujours là, fières et belles ; la nature embellit
harmonieusement l'ensemble, les constructions en double mur permettent de garder les espaces au frais, et ça marche ! C'est vraiment très beau et très agréable. On rencontre un groupe
de médecins qui nous expliquent qu'ils font des recherches pour lutter contre le paludisme. C'est d'ailleurs eux qui ont mis au point la Savarine il y a quelques années. Mais le parasite
mute et la Savarine ne suffit plus aujourd'hui. En tout cas, on apprend beaucoup de choses sur la maladie, et on explique aussi notre présence ici... On nous conseille d'aller voir la mosquée en
terre de Koro, à la frontière du Burkina Faso. Je sens qu'on pourrait rester plusieurs jours ici, on s'y sent bien ! Ah oui, je ne vous ai pas dit, l'architecte ? C'est Fabrizio Carolla
bien sûr ! Sacré bonhomme, j'aimerais bien le rencontrer un jour ! Un architecte qui passe du temps sur place, qui connaît l'environnement et la culture des sites sur lesquels il est amené à
construire, c'est tellement rare de nos jours... Bravo !
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Bon, on ne va pas refaire la même bêtise qu'hier soir à se retrouver dormir n'importe où parce qu'on a trop traîné... On prend la route pour Djiguibombo, village situé en haut de
la falaise, sur le plateau. Un panneau d'indication nous laisse un peu perplexe.. On demande aux habitants, c'est toujours plus sûr !
On arrive au village, on demande à voir « la maman de Dendie ». Quelqu'un nous mène jusqu'à son habitation. En traversant le village, je me retrouve dans l'ambiance du pays
kapsiki, au Cameroun, des montagnards également. C'est chouette d'être ici ! Je me sens bien, loin des villes, plus proche de la nature. Je trouve que les villages de brousse sont propres
et sains, je m'y sens bien. Alors que les villes sont souvent sales, surpeuplées, avec les problèmes liés aux ordures, aux odeurs... en brousse, il n'y a pas ces inconvénients... Ceci dit, il y
en a d'autres (accès au soins, à l'éducation etc..).
On arrive devant la maison, mais il n'y a personne, on attend. Son mari arrive, un vieux qui fume la pipe, qui a l'air heureux et curieux de nous voir. On ne comprends rien de la langue dogon, dommage ! Le langage passe par les sourires... deux femmes passent avec des calebasses de yaourt traditionnel sur la tête. Rachid goûte, Samuel me déconseille d'en prendre, il me rappelle que j'étais malade ce matin... Bon d'accord !
Le temps passe et toujours pas de « maman de Dendie ». On décide d'aller à sa rencontre, à priori elle est aux champs. On la croise en chemin. Elle a l'air terriblement inquiète et triste en nous voyant. Elle ne parle pas français, mais je comprends vite qu'elle pense qu'on est venu pour lui annoncer une très mauvaise concernant son fils, Dendie, qui est en France. On la rassure. Son fils va bien (enfin, j'espère ! ça fait tellement longtemps !), on lui parle de Nicole et de Jacques, on lui offre les victuailles, ça y est, elle est rassurée... et heureuse ! Elle nous invite à passer a nuit ici, elle ne sait comment nous remercier. Ses yeux mouillés de tristesse se transforment en larmes de joie ! Merci ! Quel beau moment partagé ! C'est vraiment chouette de vivre des moments pareils ! Je me sens vraiment humaine de partager cet instant avec quelqu'un de tellement différent de moi : nos langue, nos culture, nos coutumes, et pourtant, il y a quelque chose de fort que l'on partage, bien au-delà de nos cultures respectives: les émotions. Je me sens « épurée », comme mise à nue, virant le superflu pour ne garder que l'essentiel, afin de pouvoir communiquer... C'est très chouette !
On reprend la route vers Ende, village au pied de la falaise cette fois, pour retrouver Amadou. La route est très belle, on arrive au bout du plateau, on commence la descente de la falaise,
c'est splendide ! Devant nous, la grande plaine qui s'étale à perte de vue. On croise des troupeaux et des bergers qui remontent sans doute sur le plateau pour la nuit.
Les roches sont magnifiques, on dirait qu'elles sont sculptées et abritent des milliers de personnages. Elles me fascinent.
On arrive dans la plaine, en bas, au carrefour de Kani Kombolé. On demande la route pour Endé. Là, plusieurs personnes regardent le véhicule un peu perplexes et nous assurent qu'on ne
passera : c'est la saison des pluies et la route est trop gâtée... L'un d'entre eux nous indique qu'on pourra peut-être aller jusqu'à Téli, mais pas jusqu'à Endé, 5 kilomètres plus loin.
Bon, allons déjà jusqu'à Téli, après on verra bien !
C'est vrai que la route est un peu défoncée. Mais Samuel est un as du volant et conduit d'une main de maître. Soudain, on s'arrête. Surprise ! Devant nous,
la falaise, et on découvre un village comme sculpté dans la falaise, à la verticale...
C'est fascinant. Je n'ai jamais rien vu de tel ! C'est magnifique ! On passe plusieurs minutes sans se parler, juste à contempler la beauté du site... Wahouw... On en prend plein la vue !
Samuel nous sort de notre contemplation en redémarrant. On arrive à Téli quelques kilomètres plus loin. En fait, c'est « le vieux Téli » qui est comme sculpté dans
la falaise, le village habité est maintenant au pied de la falaise, dans la plaine. A peine arrivés que plusieurs guides viennent nous trouver. On demande le chemin pour Endé. « Impossible » avec
le camion. On explique qu'on doit trouver Amadou pour lui remettre un colis. Ça tombe bien, il a un très bon ami, Amadou également, qui vit ici à Téli. Ils vont le trouver pour lui signaler notre
présence. On le dérange en plein match de foot ! Le soleil descend et on demande si il est possible de passer la nuit à côté du village, sous les moustiquaires. On va saluer le chef du
village, on offre quelques noix de colas et on va s'installer à côté de l'école : c'est encore les vacances, il n'y a pas de cours, on peut dormir tranquille. On propose une séance de
cinéma aux habitants pour la soirée. On s'installe tranquillement près de l'école. Ça fait du bien de se poser, je ne suis pas en grande forme, je suis bien contente de me poser ! Rachid non plus
n'est pas en pleine forme : il regrette un peu d'avoir goûté au yaourt traditionnel...
Amadou et Amadou arrivent en début de soirée (en Belgique, il y a bien les Dupont et Dupond! ALors?). Il est content mais il est perplexe.. il se demande qui on est... En
tout cas, il nous propose de nous faire visiter les alentours le lendemain. Chouette ! Amadou repart dans son village pour la nuit. Les enfants sont surexcités à l'idée du cinéma. On a donné
rendez-vous à 20h00, mais à 19h00 ils sont déjà là. Ils guettent comment on installe tout ça, ils regardent les tentes, les sacs de couchages, les lampes de poches, un tas d'objets bizarres
qu'ils n'ont sans doute jamais vus. Moi je suis trop fatiguée, je m'endors avant même le début du film.. Heureusement que Rachid est là pour assurer ! Avant de m'endormir, j'entends des
chants et des danses, c'est une cérémonie de bienvenue ! avec instruments de musique, danseurs et tout !! Quel dommage d'être en vrac !
Rachid en profite bien en tout cas !
Je suis déjà loin avec Morphée lorsque les enfants regardent l'histoire d' «Azur et Asmar».
Commentaires: 1
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#1
wwaw,
ça fesais longtemps que je n'étais pas venue faire un tour par ici (j'ai indiqué ma nouvelle adresse e-mail)
c merveilleux, g l'impression de voyager! 