lun.
07
sept.
2009
Direction Ouagadougou
Un rayon de soleil ce matin.. Ici, la pluie est intense, mais ne dure jamais longtemps! Mais le sol reste détrempé, et on manque à plusieurs reprise de se retrouver dans un bain de boue.. Ah la terre! En parlant terre, on va voir la mosquée de Koro ce matin, paraît-il qu’elle vaut largement celle de Djenné ou Tombouctou, mais qu’elle est moins médiatisée.. C’est vrai, elle est plus petite certes mais splendide; et après les pluies des derniers jours, on ne voit pas de dégâts particuliers. Par contre, un groupe d’homme me fait comprendre que je ne suis pas la bienvenue à proximité de la mosquée.. Ah, les femmes n’ont pas bonne réputation partout.. Non musulmane en plus! Bon, j’arrive quand même à en faire le tour, et à découvrir quelques détails bien soignés.
Bon, on redécolle de Koro: aujourd’hui on passe la frontière vers le Burkina Faso, on passe à la banque, on a plus de sous.. Le système informatique est en panne: impossible de retirer de l’argent.. Merde, comment on va se débrouiller pour obtenir les visas ? En tout cas, on ne va pas attendre trois jours que le système remarche.. Avec les grandes pluies qui ont eu lieu ici ces derniers jours, on se dit que c’est pas pour tout de suite.. Allez, on s’achète quand même un peu de pain et c’est reparti.
A la frontière, on sort facilement du Mali, mais pour rentrer au Burkina, c’est plus compliqué… On se retrouve face à un garde-frontière qui ne veut pas nous laisser passer: pas de sous: pas de visas... Nous voilà dans un «no man’s land». Bon, de toutes manières, y’a pas de secrets, on a rien.. Enfin si, on a du temps… Alors on attends. On discute avec le garde-frontière du la pluie et du beau temps..
Enfin surtout de la pluie: à priori, les 1 et 2 septembre derniers, des pluies diluviennes se sont abattues sur Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, et les dégâts sont très importants. Le pays est sous le choc; il y a beaucoup de morts, deux quartiers entièrement rasés, des infrastructures détruites (routes, ponts..). On devrait être à Ouaga ce soir, on se demande dans quel état on va trouver cette ville.. On bout de quelques heures, le garde-frontière décide de nous laisser passer, en nous faisant promettre qu’on irait au service de l’immigration pour nous mettre en règle. Pas de soucis. On passe donc la frontière, mais le cœur n’est pas à la fête. On sent bien qu’on arrive après un drame, dans un pays qui fait le bilan de ses morts et des dégâts. On s’arrête un peu après la frontière pour pique-niquer.
On découvre la latérite ici… Cette matière mi-pierre, mi-terre, a une couleur rouge caractéristique.. Ici, les habitants l’utilisent en la taillant, on pourrait parler de ‘terre taillée‘. Ici, elle recouvre les routes, elle est bien dense. On pourrait dire que c’est un pisé de terre… On emporte un petit morceau et on repart.
Ouahigouya, la première ville burkinabaise après la frontière. On arrive à retirer un peu d’argent… Samuel craque pour du cochon grillé, ça fait tellement longtemps qu’il n’en a pas mangé! On s’arrête donc pour un en-cas. Samuel retrouve l’ambiance du Cameroun, il y a plus de femmes à l’extérieur, ce sont elles qui tiennent les tontines.. C’est vrai qu’au Mali elles étaient moins présentes, plus discrètes..
En arrivant du côté de Ouagadougou, on s’arrête à une fabrique d’adobe. Ici, ce sont les femmes qui tapent les briques!! Elles moulent et retournent les
adobes. Les hommes mélangent la terre avant de la mouler, puis les conditionnent pour les transporter vers les zones de chantier. On prends quelques photos, puis on donne quelques cartes de
visites en tentant d’expliquer notre démarche auprès des gens. Pas facile.. En cette période de catastrophe, les gens nous prennent pour une aide humanitaire… La rumeur se répand comme
une trainée de poudre, et les gens se précipitent vers nous pour avoir le maximum de cartes de visites.. On comprends assez vite qu’ils pensent pouvoir les échanger contre de la
nourriture, des couvertures ou autre.. On a beau s’efforcer à nous expliquer, la situation devient dure à gérer, on repart vers le centre de la capitale.
On n’a pas vraiment d’adresses à Ouaga. Le guide du routard sous le bras, on commence par aller voir les sœurs. Evidemment, en cette période particulière, des
humanitaires arrivent de partout, les sœurs sont débordées, et nous on se sent un peu de trop...
On repart un peu au hasard des rues en quête d’un logement. Une bonne odeur de poulet rôti à l’ail nous arrête dans notre quête.. Délicieux ! Hmmmm! Le meilleur poulet que j’ai mangé depuis
longtemps. On est devant un grand stade de foot, on goûte à l’ambiance Ouagadaise, c’est plutôt agréable.. Il y a musique, marchands ambulants en tout genre, e de très bonnes choses à manger.. On
se rempli l’estomac avec délectation!
Et puis, la nuit est tombée, et il faut qu’on trouve une solution rapidement, on est en pleine ville: impossible de stationner Raymond dans un coin et de déplier la tente
à côté! Je consulte le guide magique avant de repartir, et je repère ‘l’Auberge Napam Béogo‘, à côté du stade du 4 août. Ça me paraît parfait! L’article parle d’un repère
d’artiste.. On se sent concernés! La circulation est difficile, et les routes coupées ne nous aident pas à nous repérer..; On arrive à trouver le fameux stade, mais pas d’auberge
à proximité. On appelle l’auberge pour avoir plus d’indications, mais ne connaissant rien, c’est pas facile. Finalement, on demande l’aide de Romary, qui travaille dans le quartier.. Il va, grâce
aux indications de l’aubergiste, nous amener jusqu’à bon port!! On n’aurait jamais trouvé nous-même!! En pleine nuit, dans des petites rues sinueuses, sans éclairages.. La galère! Grand
merci Romary !
Ouf, on arrive à bon, port, et.. Il reste de la place !
Super ! On essaye de négocier, mais le gérant n’est pas là, le gardien n’hésite pas à appeler Lassan, le propriétaire qui arrive en pleine nuit pour négocier. On est vraiment en Afrique!
Super gentil, on arrive à négocier de poser nos tentes dans l’arrière-cour de l’auberge, on est super contents !! Demain, on découvrira mieux ce petit coin de paradis, pour l’heure, il
fait sommeil…
