LE CINEMA DU DESERT

Le plaisir du voyage : des moments de découverte, de partage, de rencontre et d’échange.

 

Lorsqu’on est blanc, et qu’on voyage en Afrique, on est forcément perçu comme riche. Ce qui n’est pas faux d’ailleurs en regard aux différences de niveau de vie. Et du coup, on est sans cesse sollicité par les adultes et par les enfants : « donne moi le bic », « donne-moi le cadeau » ! Qui ne tente rien n’a rien après tout ! Le problème est connu, ces gestes qui paraissent si « humanitaires » et anecdotiques alimentent des réseaux économiques parallèles et fragilisent l’économie locale.

 

Ainsi, des enfants arrivent à « gagner » plus que leurs parents en allant « traire le touriste ». Ainsi les enfants ne vont plus à l’école, les parents sont tentés d’encourager les enfants à mendier.. Ce sont les effets pervers de nos « dons » qui en plus nous donnent bonne conscience ! Cependant, arriver dans un village, prendre quelques photos et repartir ne me plaît guère, nous avons à cœur de donner quelque chose « en échange », mais quoi ? …

 

On a trouvé : on va proposer des projections de films dans les villages que nous traversererons. C’est pour nous une manière simple de donner, de partager : le cinéma du désert. Projeter un film sur le mur d’une école en plein désert demande peu de moyen. Un peu de matériel (qui me servira par ailleurs à mon activité de reportage), de l’électricité, quelques bancs, des nattes que les habitants apporteraient pour l’occasion… Un moment de plaisir et de partage offert aux habitants.

 

Concernant le genre des films, nous comptons proposer des vidéos qui abordent l’Afrique d’une manière ou d’une autre, afin de permettre aux spectateurs de se sentir concernés. On pense aux films de Michel Ocelot « Kirikou », « Azur et Asmar », à « Les dieux sont tombés sur la tête », au « Maître des éléphants »…